interview![]() JEAN-FRANCOIS PAUVROS "Là où est l'émotion"
Metz le 21.03.02 Vandoeuvre / Nancy le 22.03.02. (cf. agenda
concerts) |
De Maubeuge à Tokyo et New-York, au sein de Catalogue[1] ou de Marteau rouge[2], avec Keiji Haino[3] ou Arto Lindsay[4], cela fait presque trente ans que Jean-François Pauvros trimbale sa silhouette dégingandée de sorcier électrique, sa voix de ménestrel rimbaldien et surtout son engagement indéfectible au service de l'homme et sa croyance quasi mystique en la musique comme énergie d'amour capable de regarder la mort droit dans les yeux. Le 31 janvier, à la ferme du Biéreau de Louvain-la-Neuve, accompagnant "La passion de Jeanne d'Arc" de C. T. Dreyer, Jean-François Pauvros et Jean-Marc Foussat - son complice de Marteau rouge donnaient un des live soundtracks les plus convaincants qu'il m'ait été donné d'entendre: une approche attentive, subtile et intériorisée des images qui n'était pas loin de me remémorer la bouleversante osmose entre Taku Sugimoto et un film d'Ozu, un soir d'automne 2000 au cinéma Nova. Mais, surtout, avant et après leur prestation, les deux musiciens se sont révélés comme des hommes de très bonne compagnie: les pieds sur terre mais le cur irradié par le feu sacré. Je t'écoute - Bon Abordons les choses de manière à peu près chronologique. Peux-tu parler de l'époque où tu as commencé tes activités musicales, lorsque tu étais dans le nord de la France, vers Maubeuge Quand j'ai commencé la musique, j'étais vers Lille. - J'avais lu une anecdote selon laquelle tu aurais joué dans les foires avec un certain "roi belge de l'accordéon" J'avais déjà commencé la musique un peu bizarre ou improvisée quand, pendant un moment, j'ai eu envie de faire des bals. Et je suis tombé sur ce mec qui se disait le "roi de l'accordéon belge". On jouait pendant cinq heures d'affilée dans les bals. Je jouais de la basse et de la guitare: de la guitare dans les morceaux rock et de la basse dans les autres morceaux. Et, comme je ne savais pas lire les partitions, j'improvisais tout le temps. - C'était une activité régulière, alors? Oui, oui, je revenais en bagnole quand le jour se levait. Mais j'aimais bien ça: voir les gens danser. Mais, ça ne m'a jamais quitté même si je fais souvent de la musique où les gens restent assis: j'aime bien la musique qui fait bouger les corps. - Et l'accordéoniste, il savait que tu improvisais? Cela ne le dérangeait pas? Il savait et il n'avait rien contre. Au contraire, même. Quand je prenais ma guitare pour les rocks, il adorait ça. Mais il se passait vraiment des choses. Quand je faisais un morceau, que les gens dansaient et puis applaudissaient à la fin, ça me faisait un énorme plaisir. Si pendant que je jouais il y avait des gens qui commençaient une histoire d'amour, si je pouvais les aider, c'était vraiment le pied. Mais, c'était une grande école d'improviser même sur des valses ou des tangos. Et cela donnait un résultat un peu bizarre ou quand même assez formaté? Non, ça passait. Ca me permet encore aujourd'hui d'improviser sur différents styles de musique. Il y a trois jours, il y a encore un groupe de rock peu connu qui m'a demandé de venir jouer avec eux. J'aime bien ce côté festif de la musique. Cela touche à ce que j'apprécie beaucoup dans ce que je connais de ta musique: quelque chose que certains pourraient appeler "impur" mais que, personnellement, je trouve justement très pur, à savoir une ouverture, une diversité Effectivement, je n'aime pas trop les chapelles Et en musique improvisée, il y en a. Il y en a où je ne suis pas facilement accepté. Mais je peux aussi être copain avec des groupes qui font une musique qui n'a rien à voir avec ce que je fais, comme Louise Attaque par exemple. On s'aime bien. Du moment que les gens jouent sincèrement, à leur niveau Même faussement. Il y a une notion que j'aime bien: celle de "truqueurs honnêtes". Mais cette ouverture me permet aussi de jouer avec des musiciens éthiopiens par exemple. J'aime bien les rencontres. Sinon, la guitare pousse facilement à se replier sur soi, à travailler ses sons dans son coin. J'y pense parce qu'après le concert j'ai discuté avec quelqu'un qui travaille sur les religieuses qui s'enferment. La dualité c'est d'être enfermé dans son truc tout en étant complètement ouvert sur l'extérieur, c'est-à-dire la dualité entre ton acte personnel et l'action politique que tu peux avoir. Je pense que la musique c'est aussi une façon de donner du plaisir. Ou plutôt, je ne le pense pas, mais je le vis comme ça. Par rapport à ça, dans une interview pour Revue & Corrigée[5], tu disais une série de choses très euh très belles comme "Ne jouer qu'avec des êtres affamés de vie, d'amour", "Ne partager l'acte musical qu'avec des êtres à l'humanisme forcené" ou "Il n'y a pas de différence entre l'acte musical et la vie quotidienne." L'ouverture humaine, l'humanisme vrai est ce qui m'a donné le plus de plaisir dans mes rencontres. Je crois aussi que dans la musique il y a quelque chose de sacré. Le sacré c'est l'autre. Quand j'ai des vrais moments de plaisir en jouant, c'est lorsque je sens que je suis moi mais tourné vers l'autre. Ce qui rejoint l'amour, qui est un concept qui revient tout le temps dans cette interview. Bien sûr, l'amour! Pour moi, la plus grande défaite de l'individu c'est la mort. Et l'inverse de la mort, c'est l'amour. Mais c'est difficile Par exemple, pour le moment, je passe la moitié de ma vie dans la musique et l'autre moitié à m'occuper d'une association qui aide des musiciens. Ca sonne un peu curé, mais ça ne l'est pas du tout! Mais, je ne peux pas me focaliser sur un seul truc. Il faut que ce soit toujours confronté avec le réel. Il m'arrive de rompre avec des gens avec qui j'ai joué parce que, politiquement, leur vision de la musique n'est pas la mienne. Pour se focaliser sur un détail mais qui me paraît assez significatif de ta liberté -, il y a sur "La belle décisive"[6] ces morceaux construits à base de sons pré-formatés de Casio "à trois francs" que je trouve très beaux par ce que tu y rajoutes et qui seraient des morceaux impensables pour la grande majorité des musiciens du monde de l'improvisation. Bien sûr, oui. Si tu ressens une émotion en le faisant ça passe, en général. J'ai tellement voyagé et rencontré des gens qui en tapant sur une table m'ont fait plus vibrer que des virtuoses qui "se la jouent". J'avais dit que "L'improvisation c'est lutter contre la bêtise, la sienne et celle des autres" mais malheureusement, il y a aussi des gens qui s'enferment dedans. Je n'ai pas envie de citer des noms mais c'est vrai que j'ai rompu avec des gens parce qu'ils étaient passés dans un truc égocentrique et qu'ils avaient oublié la fraîcheur. Et la fraîcheur, elle vient de la vie extérieure. "La belle décisive" est un disque que j'ai fait tout seul, chez moi en y mettant tout ce que je ressentais, sans avoir de comptes à rendre à personne. Ca passe ou ça casse. Dans le même ordre d'idées, il y a le fait qu'on te présente toujours comme un guitariste, alors que pour moi tu es aussi un chanteur Tu es aussi singulier en tant que chanteur que tu ne l'es en tant que guitariste. Chanteur, c'est une drôle d'histoire Il se trouve qu'en ce moment, je suis chanteur dans un groupe de blues aux Etats-Unis. Un groupe dans lequel joue aussi Jonathan Kane, le batteur qui a créé les Swans. C'est une longue histoire. Jonathan Kane est un ami de longue date. Son père est un grand photographe américain qui s'appelle Art Kane. Il a été un des premiers photographes de mode aux Etats-Unis, il a fait les premières pochettes des Who, de Zappa, etc Puis, surtout, il a fait la photo "Un jour à Harlem" où dans une rue de Harlem sont photographiés cinquante fameux musiciens de jazz comme Duke Ellington, etc Un film a été fait sur cette photo et le film a reçu un "award" il y a quelques années. Et Art Kane s'est suicidé en rentrant de la remise des prix! Jonathan dont la musique de base était le blues était évidemment très choqué et m'a demandé de chanter dans son groupe de blues. J'ai commencé par essayer de refuser parce que je déteste les Français qui chantent en anglais, parce que même si j'apprécie le blues, le côté "Dieu / Dieu / Dieu" me fait un peu chier. Mais, ses copains par exemple Ernie Brooks, le bassiste des Modern Lovers qui joue aussi dans le groupe - m'ont téléphoné en me disant à quel point c'était important pour lui, par rapport à ce qu'il vivait. Ils m'ont dit de dire "oui" et qu'il se rendrait bien compte que je ne conviendrais pas. Jonathan est venu avec les bandes et j'ai chanté dessus. Mais contrairement aux prévisions, ça a plu! Du coup, je vais régulièrement aux Etats-Unis pour faire à la fois mes concerts de musique improvisée et chanter dans un groupe de blues. Donc, je suis chanteur de blues... à ma manière. Les critiques américaines sont assez étonnantes: c'est comme si j'avais redécouvert l'esprit du blues Même si c'est pas ma musique. Il me semble qu'au niveau du chant aussi, tu ne te laisses jamais coincer. Dans ce que je connais de toi, il y a aussi bien le chant assez incantatoire d'un concert avec Keiji Haino à Musique Action, il y a le 45 tours "Mon homme"[7] Ah, tu connais ça, toi? Eh bien, je suis en train de faire la suite, de finir le CD qui prolonge ce single. Malgré tout dans tous ces chants, il y a quand même un élément commun. Je ne suis pas assez bon chanteur pour chanter autrement que comme je chante naturellement. Chanter, c'est un vrai boulot. C'est plus dur de chanter que de jouer de la guitare mais, en même temps la chanson ça me transcende. Un chanteur qui m'a beaucoup appris, c'est le chanteur basque Beñat Achiary. Il m'a fait perdre beaucoup de complexes. Quand j'ai commencer à jouer la guitare à l'archet - il y a très longtemps -, cela impliquait un rapport avec le chant. J'aime beaucoup les mélodies mais j'ai du mal à écrire des chansons. J'en écris une puis il me faut six mois pour retirer les notes qu'il y a en trop. La chanson s'épure avec le temps. Cette suite à "Mon homme", ça en est le prolongement dans quel sens? C'est un peu dans cet esprit "after" "after after", même! C'est pas très gai. Mais c'est rarement le cas, avec ce que je fais. Et ce splendide texte de Jean Seberg que tu chantes sur "La belle décisive"? Le texte est un vrai texte de Jean Seberg - Mais Chanté à l'origine ou tiré d'un film? Non, non. C'est un poème de Jean Seberg. J'ai eu la chance d'avoir une aventure dans le vrai sens du terme avec une fille qui avait trouvé ces textes dans le tiroir d'un éditeur. Les autres n'étaient pas terribles mais celui-là m'a beaucoup touché. Quand j'ai été à la SACEM pour déposer les droits, on me répondait "Jean [le prénom masculin à la française] Seberg, on connaît pas". Depuis, personne n'est venu y réclamer le peu d'argent que ça a rapporté. "La belle décisive" est aussi lié à une autre histoire de suicide, celui d'une amie danseuse. Quand c'est survenu, l'histoire de Jean Seberg faisait étrangement écho à ça. Tu as pas mal travaillé par rapport à des textes littéraires: Apollinaire, Pasolini, Klossowski, Bulteau[8] J'ai une attirance que je ne peux pas réfréner vers ce genre de choses. Mais je n'ai jamais eu à chercher: les rencontres font que ça se passe. Peut-être que je suis littéraire! J'aimerais bien écrire mais j'en suis incapable. Du coup, je suis attiré vers les gens qui écrivent. "La belle décisive", je le vois un peu comme un recueil de poèmes. Dans la musique improvisée, il y a plutôt, dans ma tête, des rapports avec la peinture. Est-ce que ce genre de démarche implique des choses de l'ordre de la retenue, du respect d'un texte qui existait avant toi? Non, non. Je n'ai pas de respect quand ça me touche. C'est comme quand tu rencontres un autre être et que tu te dis "Tiens, il se passe quelque chose". Les rencontres sont les rencontres. Là, récemment, j'ai rencontré Elisa Point, la fille qui a écrit une bonne partie des textes du dernier album de Christophe - C'est marrant: je prévoyais de te parler de lui. Je trouve que sur "La belle décisive" il y a des choses pas si éloignées de ses univers. Je le connais mal. Mais j'ai l'impression que je suis un peu moins enfermé, moins autiste que lui. Moi, j'ai besoin de bouger, de me battre pour des choses. Mais, c'est un fait que cette fille aussi elle a du faire un certain rapprochement. Tu pourrais rechercher de vieux textes de Jean-Michel Jarre dans les tiroirs. Quand j'ai appris que c'est lui qui a écrit le texte de Les mots bleus! C'est tellement beau! Oui. C'est super beau! Il aurait mieux fait de s'abstenir après Oui, c'est étrange, hein. Mais il a peut-être changé aussi. Peut-être qu'il n'est plus du tout capable de faire ça aujourd'hui. Mais le fait de mettre la musique au service d'autre chose un film, une chorégraphie - m'intéresse. Pas en m'inclinant mais en cherchant à faire un contrepoint. C'est le côté strict, le côté non-improvisé. Quand je collabore avec les chorégraphes, souvent ils travaillent à partir d'un projet. Moi, j'aime bien intervenir de sorte à ce que le projets n'aient pas de fuites. - C'est à dire? Eh bien, il y a des gens qui ont des projets qui sont comme une baignoire qui aurait des fuites. Certaines de leurs idées les éloignent de leur idée principale. A part quand la dispersion est l'idée de départ, j'aime bien ramasser les choses pour aller là où l'émotion est. Je suis pour une certaine rigueur. L'anarchie dans la rigueur. La rigueur dans l'anarchie. Vous n'avez sans doute pas besoin de lui pour être connectés, mais il y a quand même quelqu'un pour qui Jean-Marc Foussat et toi partagez une certaine admiration, c'est Robert Wyatt. Tu as entre autres participé avec deux morceaux au livre-CD "Wyatt-Marchetti" Je l'ai connu en tant que très bon batteur dans Soft Machine, puis avec Matching Molle. Mais, après, il a trouvé un truc qui est de l'ordre de la fragilité et de la beauté qui me touche beaucoup. Comme Apollinaire. Apollinaire c'est plus massif mais la superposition des choses qu'il dit en une ligne fait sa fragilité. J'aime bien quand les gens sont à la limite de tomber. Mais il faut les empêcher de tomber, bien sûr! Mais on ne peux pas dire que j'ai un culte pour Robert Wyatt. Il n'y a aucun musicien pour lequel j'exerce un culte Même si on peut dire qu'Hendrix me laisse toujours pantois. Son morceau sur la guerre, euh Jean-Marc! Jean-Marc Foussat: Machine Gun. Jean-François Pauvros: Oui, c'est ça. Pour moi, Machine Gun, c'est un des grands morceaux du vingtième siècle. Dedans on retrouve les sons nouveaux, des choses qui viennent du futurisme italien Et quand tu le vois jouer, il ne bouge pas d'un pouce, alors que d'habitude il n'arrête pas de faire le pitre. Il est très très concentré. Parfois il joue à peine sur un quart de ton. C'est fabuleux. Dans le prolongement de cette idée d'Hendrix perpétuant sans le savoir les recherches des futuristes italiens, quarante ans avant lui, j'ai une impression vague parce que je ne connais pas bien cette période qu'en France au cours des années soixante-dix, il y avait une musique assez intéressante et bizarre: assez libre, post-mai 68 mais pas baba cool, pré-punk mais qui ne le savait pas encore C'est vrai. Mon premier groupe incorporait des gens qui venait de Majun, un groupe qui correspond tout à fait à ce que tu dis. C'était aussi l'époque d'un festival qui a eu lieu en Belgique à Amougies. Le même soir Zappa, Art Ensemble of Chicago, Musica Electronica Viva, Pink Floyd, Soft Machine Là, il y avait un groupe français qui s'appelait Indescriptible chaos rampant! Faut le faire! Tu viens de citer l'Art Ensemble of Chicago: il y avait des liens entre la scène "rock" et les free-jazzmen noirs qui débarquaient en France et qu'on retrouve sur le label BYG / Actuel? Si tu prends la marque Futura de Gérard Teronnèz qui d'ailleurs est toujours actif tu y retrouves à la fois les premiers Archie Shepp et Red Noise. Il y avait déjà des mélanges. Puis, il y a eu Brigitte Fontaine avec l'Art Ensemble of Chicago. Higelin, aussi. J'ai connu Higelin à ce moment-là où il proposait pour le grand public un mélange quand même assez incroyable d'ingrédients hétéroclites. C'était vraiment une époque très bouillonnante. Mais, en ce moment, il me semble que c'est en train de redevenir comme ça. Des musiciens pas encore médiatisés, mais que je connais via mon association, proposent un mélange étonnant entre une certaine forme de variété, de chant, de musique improvisée, de musique électronique, de musique africaine Il y a un truc bizarre qui se passe. Je crois que ça va donner des résultats dans un an ou deux. Mais on sort d'une époque ultra dogmatique. Par exemple au niveau des musiques électroniques, quelque chose de très froid avec une sorte de complaisance dans la soi-disant avant-garde, dans un système dont rien ne dépasse Même quelqu'un comme Otomo Yoshihide est en train de changer, reprend de plus en plus sa guitare. L'ordinateur c'est un outil d'ouverture mais c'est quand même aussi un outil d'oppression dans les bureaux. Personnellement, j'espère que toute cette musique un peu froide est morte avec le 11 septembre! Je sens qu'il y a un retour vers une certaine forme d'expressionnisme. Le retour au vivant. J'espère. Interview par Philippe / Louvain-la-Neuve, janvier 2002 [1] groupe avec Jac Berrocal et Gilbert Artman "Insomnie" (album, Spalax) & "Antwerpen live" (album, Spalax) [2] groupe avec Jean-Marc Foussat et Makoto Sato [3] Keiji Haino + Jean-François Pauvros "Y" (album, Shambala) >> site Shambala [4] Jean-François Pauvros + Arto Lindsay + Ted Milton + Terry Day "Le grand amour" (album, Nato 1985) [5] Revue & Corrigée #25 / sept. 95 [6] Jean-François Pauvros "La belle décisive" (album, In poly sons 1997) >> site In poly sons [7] Jean-François Pauvros "Mon homme" (45t, Rectangle) >> site Rectangle [8] Michel Bulteau "Rinçures" (album, Fractal) >> site Fractal |