interview

photo: Greg Spivak / Wire #184
Lucky Kitchen, encore à trois


ALEJANDRA & AERON /
LUCKY KITCHEN:
"Is it a ghost? Is it a sheet?"



questions: Philippe et Gloria
traduction / retranscription: Philippe
Bruxelles / octobre 2001




>> site lucky kitchen






























Alejae210.jpg (16554 octets)

l'amour, pas seulement un concept...



Depuis 1997 et la création de leur label Lucky Kitchen, le couple formé par l’Espagnole Alejandra Salinas et l’Américain expatrié Aeron Bergman met à mal, avec le sourire et en délicatesse, quelques pesants dogmes musicaux que l’on craignait inébranlables. Ils décollent quelques étiquettes, tachent l’uniforme strict et froid dont certains veulent parer les musiques électroniques en contaminant ces dernières par l’esprit artisanal / DIY de la lofi (cf. les superbes pochettes de leurs disques), la spontanéité des ritournelles enfantines et le souci de l’histoire et de la géographie propre aux musiques traditionnelles. Présents à Bruxelles pour un concert en compagnie de musiciens kurdes et mauritaniens, nous avons invité les musiciens-archivistes-théoriciens-graphistes-plasticiens-humanistes sonores dans un vieux café surréaliste bruxellois pour une discussion au cours de laquelle Alejandra et Aeron nous ont rappelé, avec une disponibilité rare, que faire de la musique (et en écouter) c’est aussi (se) poser des questions.

– Je voudrais commencer par évoquer le léger flou qui entoure vos différentes identités : Alejandra & Aeron, Alejandra & Underwood, vos projets solos, Lucky Kitchen, votre label...
Aeron: Ce ne sont que des noms. Cela reflète la manière dont nous avons changé d’avis en l’espace de trois ou quatre ans…
Alejandra: Au début il voulait s’appeler Underwood puis il a trouvé le nom stupide et il a opté pour son vrai nom, Aeron.
Aeron: En commençant à faire de la musique avec un ami j’ai opté pour l’identité d’Underwood qui était un peu stupide mais qui sonnait bien. Puis j’ai commencé à travailler avec Alejandra qui voulait utiliser son nom espagnol mais qu’on appelait Sandra aux Etats-Unis. L’année passé, j’utilisais encore Underwood alors qu’elle utilisait son prénom. Je me suis dit qu’il fallait que ça cesse, que j’utiliserais dorénavant aussi mon nom réel. Mais aujourd’hui encore, lorsqu’on donne des concerts, les organisateurs utilisent l’ancien nom. On leur envoie un e-mail en disant "Eh ! C’est l’ancien nom stupide !" puis ils nous répondent qu’il est trop tard, qu’ils ont déjà imprimé 5000 flyers… Quant au label, Lucky Kitchen, au début à New York, il rassemblait trois personnes : nous deux et Daniel Raffel…

– Qu’est-il arrivé à cette troisième personne ?
Il en a eu marre. Il est resté à New York quand nous sommes partis en Europe.

– Comment avez-vous décidé d’aller vivre en Espagne ?
On est d’abord passé par Londres mais on ne s’y plaisait pas du tout. On avait déjà été une ou deux fois l’été à Logroño – d’où Alejandra est originaire - et on a décidé d’aller y vivre. Les cinémas, les disquaires et les libraires nous manquent…
Alejandra: Et de temps en temps, un peu de nourriture qui ne soit pas de la Rioja…
Aeron: Mais la qualité de vie y est vraiment très bonne. La vie y est plus saine et moins chère que là où nous habitions auparavant. Cela nous permet entre autres de vivre de nos activités musicales et périphériques.

Vous avez commencé les deux types d’activités (d’une part, manipuler et enregistrer les sons et d’autre part, vous occuper du label) en même temps ?
Non. Je travaillais déjà le son depuis pas mal de temps.
Alejandra: Au début, le label n’était qu’un moyen afin de proposer notre propre musique au public. Aujourd’hui nous sortons aussi des disques d’autres musiciens et nous faisons une différence entre Lucky Kitchen et nos projets musicaux.

– Quand vous faisiez votre musique mais n’aviez pas encore fondé le label, imaginiez-vous que vous puissiez sortir vos enregistrements sur d’autres structures ou n’enregistriez-vous vos sons que pour vous-mêmes ?
Aeron: Initialement, on ne faisait que développer notre musique sans penser à la sortir. Ca n’était pas très bon. Cela correspondait à ce que font tous les musiciens lorsqu’ils débutent. On cherchait non pas à recréer ou à imiter ce que existait mais à mettre en place quelque chose de personnel. Certains trucs étaient bons, d’autres pas du tout. C’est alors qu’on a commencé à sortir notre musique sur des supports "faits main" : des cassettes, surtout.
Alejandra: On les a envoyées à des labels et à des galeries d’art. Et personne n’a répondu…
Aeron: Sur à peu près deux cents envois on n’a pas reçu une réponse! A cette époque, il y avait tellement de mauvaise musique qui sortait à New York et qu’on retrouvait partout dans la ville qu’on a décidé, en réaction, de créer notre propre label. On a commencé par des CD-R, puis des vrais CD et des vinyles. L’intérêt du troisième larron pour le projet s’est un peu émoussé et on a continué à deux.

– C’est important pour vous, aujourd’hui, d’être actifs aux différentes étapes de l’activité musicale: la manipulation du son, l’enregistrement, le label, le design des pochettes, l’écriture sur la musique…
Alejandra: Tu sais, la musique c’est notre occupation à temps plein alors on se sent bien dans cette manière de procéder. On a tous les deux étudié les arts plastiques et à l’école on nous habituait à, parallèlement, faire de l’art, étudier l’histoire de l’art, y réfléchir, écrire à ce sujet... Du coup, cela nous semble normal de procéder de manière semblable par rapport au son et à la musique.

– C’est peut-être habituel dans le milieu des arts plastiques mais ça ne l’est pas dans le milieu musical. Quand on visite les sites Internet de musiciens, très souvent ils ne sont que promotionnels ; il est rare qu’ils osent p.ex. s’exposer en écrivant au sujet de la musique des autres…
Personnellement, je me vois comme une musicienne, pas comme un écrivain mais je ne crois pas qu’il faille être un écrivain pour communiquer ses idées sur la musique (tant celle des autres que la sienne).
Aeron: Il s’agit de ne pas se contenter de choisir une profession - ou un média - et d’y rester… Quand tu apprends à faire quelque chose, que ce soit apprendre à utiliser un programme, apprendre à dessiner, à jouer de la guitare, à produire du son… l’idée c’est de persévérer, de pousser cet apprentissage un peu plus loin. La technique compte un petit peu, mais c’est surtout l’idée qui importe. Le médium ne compte pas tant que ça: l’idée peut se réaliser à travers n’importe quel médium que tu choisis. Si tu te donnes la peine d’en apprendre quelques-uns… Tu sais, on a pris quelques années à faire ce site. Au début notre ami a pris trois mois pour mettre en ligne une page avec le titre d’un disque et le scan de sa pochette! On se disait que ça devait vraiment être très difficile à réaliser puis, quelques mois plus tard, on s’est rendu compte à quel point c’était facile. Quand tu as appris comment le faire, cela devient une autre manière d’exprimer tes idées.
Alejandra : La différence réside peut-être là: nous considérons le son comme un médium pour dire des choses. Nous ne nous intéressons pas au son pour le son. On pourrait très bien choisir de s’exprimer par le dessin, l’écriture ou une installation…

– On se rapproche d’une de mes autres questions: n’est-ce pas regrettable que l’on vous catégorise comme " duo de musique électronique " alors que cette étiquette n’évoque que l’instrument, l’outil sonore mais ne dit rien sur votre attitude, votre état d’esprit…
Aeron: Oui, effectivement…

– Hier soir j’ai entendu sur FM Brssl un extrait de l’interview que vous aviez donné à Karen et Wendy où vous opposiez les musiques "Waaow!! Uuh??" et les musiques "Uuh?? Waaow!!". Vous pouvez en dire un peu plus ?
Alejandra: Très souvent, dans beaucoup de domaines, on a d’abord une réaction de "Tiens, comme c’est bizarre…" puis on nous donne la solution. Le film hollywoodien par exemple fonctionne comme ça. Il y a le problème puis la solution. A la fin, le tout se referme.
Aeron: Il y a une explication simple: "Ce n’est pas un fantôme, c’est juste un drap". Nous trouvons que l’inverse est plus intéressant : "Ce n’est qu’un drap ! (…) Mais, si c’était un fantôme ?".

– Est-ce que cela se relie à votre théorie sur les formes féminines et masculines de pratiques musicales ?
Alejandra: Il s’agit en tout cas d’équilibre entre des formes opposées de musique. Il y a des musiques très agressives qui viennent vers toi et d’autres qui t’invitent plutôt à aller vers elles. Nous cherchons continuellement l’équilibre entre le "donner" et le "recevoir". La plupart du temps, la musique bruitiste improvisée est très masculine. Nous croyons aussi que la musique électronique est dominée par des pratiques masculines.
Aeron: Nous ne cherchons pas le statement ou l’affirmation. Plutôt que de dire "Ceci est du bois" [Aeron montre la table…] ou "Ceci n’est pas du bois" [… et le cendrier] il est plus intéressant de soulever des questions comme "Mais quel genre de bois est-ce ?" ou "Peut-être que ceci est du métal auquel ils ont donné l’aspect du bois". Il s’agit de mettre en branle une série d’autres pensées, partir de quelque chose en espérant que…

– En musique, en arts plastiques ou au cinéma voyez-vous d’autres personnes qui développent ce genre de qualités dans leur travail ?
Aeron: Je crois qu’il y a beaucoup plus de cinéastes que de musiciens qui sont capables de faire ce genre de choses. La musique me parait pas très bien dotée pour ce genre d’ouverture et de dialogue entre la forme et les idées.

– Et parmi les musiciens quelles exceptions voyez-vous, alors ?
Je crois qu’Alku travaille sur ce genre de questions. Goodiepal aussi. Parfois Mego… Mais pas souvent…
Alejandra: Klangkrieg.
Aeron: Finalement, il y en a quand même pas si peu que ça…

– Accepteriez-vous qu’on présente la plupart des disques de Lucky Kitchen comme des albums concepts ?
Aeron: En tout cas, le mot apparaît régulièrement pour évoquer nos productions. Je me souviens d’avoir dit il y a quelques années à une amie de l’université que je voulais faire des albums concepts… Elle a rigolé parce que le terme a acquis une telle connotation négative !

– Effectivement ! Quelle différence voyez-vous entre vos albums concepts et ceux des années septante ?
C’est peut-être juste une histoire de goût. De mauvais goût et d’éventuel bon goût. On n’a jamais vraiment écouté ce genre de trucs qui ont du apparaître dans un milieu tel que les banlieues blanches du Michigan, je crois. C’est vraiment un autre monde.
Alejandra: Peut-être que la différence c’est que nos disques ne s’attachent pas à des concepts froids. On y met beaucoup de sentiments.

– Quand vous proposez à d’autres artistes de participer à ce genre de projets, ne les manipulez-vous pas en les forçant à rentrer dans cette grille ?
Aeron: On peut dire "manipuler" mais aussi "inspirer". La contrainte procède souvent ainsi.

– Il pourrait quand même y avoir un risque, même dans vos " albums concepts ", que l’idée de départ devienne plus importante que le résultat, que la musique…
Une fois de plus, je crois qu’il s’agit d’équilibre. Ce que tu dis est fréquent en arts plastiques: dans l’art conceptuel, la forme n’est rien. La forme est une perte de temps, seule l’idée est importante. Je considère personnellement que le meilleur art conceptuel est celui qui n’est pas réalisé, qui n’existe que sous forme écrite. On n’a pas l’objet et ne peut que l’imaginer, y réfléchir. J’espère que de notre côté, en 35 ou 60 minutes on suscite des questions qui amènent l’auditeur à jeter un autre regard sur le sujet du disque. L’amour, c’est un concept stupide et flou. Mais il y a tant de sous-idées reliées à ce concept: l’amour sexuel, l’amour déviant, l’amour pour ses parents, l’amour pour son pays… Puis, il y a toutes les chansons d’amour. Ce n’est qu’un point de départ qui permet de commencer un dialogue, une communication.

– Ce que vous allez faire ce soir – manipuler les sons et jouer avec des musiciens traditionnels mauritaniens et kurdes – ressemble presque à un "concert concept"…Cela se présente comme une sorte d’équivalent live d’un de vos disques. C’est la première fois qu’on vous propose ce genre de choses?
Aeron: Chaque fois qu’on joue, on essaye d’avoir une sorte de concept mais c’est la première fois qu’on joue avec des musiciens traditionnels présents en chair et en os sur la scène.
Alejandra: Et ça nous fait un peu peur !

– Le concert équivalent à Kortrijk ne s’est pas bien passé hier?
Aeron: Non, ça va. Il y a eu quelques problèmes inévitables. Mais ça s’est finalement mieux passé que ce qu’on imaginait. Il est évident que cela ne nous intéresse pas d’intervenir pour détruire leurs chansons. Nous ne voulons pas non plus être sarcastiques, violents ou essayer de paraître plus finauds. Nous choisissons plutôt d’être très calmes, discrets et respectueux de ce qu’ils font. Du coup, il y a le danger de glisser vers une sorte de son "new age" ou vers le genre de prétention des albums concepts qu’on évoquait il y a quelques minutes. Finalement, la conclusion est à nouveau que tout cela est une question d’équilibre. Il faut qu’il y ait un peu de bruit et un peu de silence, un peu de pensée et un peu de sentiment…
Alejandra: Hier, on a vraiment essayé de laisser assez d’air pour que tout le monde puisse respirer.
Aeron: L’idée est de mettre en place une situation où le public et nous-mêmes réfléchissons au fait que la distinction entre musiques acoustique et électronique n’est pas si importante.
Alejandra: Pour nous, notre musique est folk. Même sans que nous ayons à utiliser les sons d’autres musiciens étiquetés comme "folk". Notre musique EST folk.
Aeron: C’est tellement facile de manipuler un son. [Aeron lève les yeux vers la décoration de la Fleur en papier doré] Les dadaïstes ont fait ça il y a si longtemps. Pour nous ce n’est pas vraiment la source qui compte mais plutôt l’objet final ou, encore plus, le processus, le temps passé à y travailler.

– Quand vous avez commencé à enregistrer et à archiver des musiques traditionnelles, étiez-vous influencés par de grands archivistes de la musique folk américaine comme Harry Smith ou Alan Lomax?
Aeron: Je ne connais pas très bien le travail d’Alan Lomax. Je sais juste que pas mal de gens le citent lorsqu’ils parlent de ce que nous avons fait récemment. Bien sûr, il est évident que ces personnes ont eu une influence énorme sur la culture, par exemple en ce qui concerne la radio aux Etats-Unis où il y a des émissions consacrées à ce genre d’enregistrements de terrain, d’approche documentaire de la musique. Je suis persuadé que tous les gens actifs aujourd’hui dans ce genre de domaines ont beaucoup appris des pionniers, du Smithsonian Institute etc…
Alejandra: Je crois quand même que notre approche des musiques de la Rioja était assez différente de celle de Harry Smith par exemple.
Aeron: Chez nous, il n’y a pas l’idée de faire un travail scientifique. On est dans la subjectivité plutôt que dans l’objectivisme.
Alejandra: Je crois que Harry Smith sélectionnait les musiciens les plus doués alors que nous avons souvent privilégié les enregistrements de gens saouls au café sur ceux de musiciens plus performants sur une scène avec une sono.
Aeron: Nous avons sélectionné les meilleurs enregistrements mais par rapport à nos critères subjectifs, à ce que nous ressentions et aux situations d’enregistrement. Ce qui s’est passé pour nous, ce jour précis dans ce village précis compte beaucoup. Le choix n’équivaut pas nécessairement au fait de retenir les meilleurs musiciens et la qualité de l’enregistrement n’est pas toujours optimale.
Alejandra: La relation des gens avec leur environnement était vraiment fondamentale. Parfois, l’écho dans une vallée et le son des cloches des églises environnantes ou bien des sons plus urbains comme la circulation automobile. On voulait réagir par rapport au fait que la plupart des enregistrements de musique traditionnelle coupent le musicien de son environnement en l’amenant dans un studio. A nos yeux, si un chanteur est au café, c’est important qu’on puisse entendre qu’il est au café.

– Donnez-vous toujours une copie du disque aux musiciens qui y apparaissent ?
Aeron: On essaye. On en distribue pas mal mais assez souvent on enregistre dans des fêtes de village où il y a vraiment des centaines de personnes…
Alejandra: Alors on donne un exemplaire aux différents groupements et associations qui s’occupent de ce genre d’activités. Et, bien sûr, aux musiciens individuels que nous pouvons retrouver.

– Et ces musiciens réagissent ?
Aeron: Je crois que la plupart d’entre eux pensent que nous sommes des gamins amateurs un peu farfelus. Ils ont l’air de croire que nous procédons de la sorte parce que nous n’avons pas accès à des studios d’enregistrement et que nous ne pouvons pas nous payer un micro sur une perche avec une grosse touffe de fourrure au bout… [rires]
Alejandra: Mais ils sont quand même contents de s’entendre sur le disque et de reconnaître des sons de leur village ou de celui de leurs parents. Beaucoup de gens ont quand même dit que c’était un bon documentaire sur la région et que cela leur remémorait pas mal de choses.

– Et réagissent-ils au montage, aux choix que vous faites, aux autres musiciens présents sur le disque ?
Oui, oui, ils réagissent morceau par morceau… Et ils se demandent pourquoi on a gardé le feedback sur l’enregistrement de ma grand-mère. Ils nous disent "Vous ne savez pas qu’on fait des programmes qui permettent d’éliminer ce genre de sons ?".

– Vous enregistrez sur MiniDisc ?
Aeron : On utilisait un MiniDisc mais maintenant on utilise plutôt un DAT et une caméra vidéo. L’un de nous prend le DAT, l’autre le caméscope.

– Je voudrais revenir à vos activités d’écriture sur votre site Internet et au titre de cette rubrique : " This Land Is Your Land ". Y a t’il un rapport avec la chanson de Woody Guthrie ?
Aeron: A nouveau, nous espérons que le choix de ce titre implique des questions chez le lecteur. Tout d’abord, il y a un rapport avec l’idée de paysage. Notre travail a presque toujours une dimension géographique. Où nous sommes, où nous vivons, où nous voyageons… This Land Is Your Land est aussi une sorte d’hymne de fierté pour les Américains mais à l’origine c’était une "protest song". Il y a donc a nouveau ce dialogue entre ce que l’artiste donne et ce que les gens prennent. La phrase est très forte, sonne bien mais le "statement" reste un peu flou.
Alejandra: Et c’est à la fois critique et appréciatif. Il y a ça dans la chanson qui peut être interprétée comme une chanson de solidarité… Tout le monde est le bienvenu dans ce pays mais… ils ont tué tout le monde pour le construire, ce pays!
Aeron: Nos textes essayent aussi de marier la célébration à la critique.

Interview par Gloria et Philippe
Bruxelles / octobre 2001

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