| chronique
"I HATE THE POP GROUP" UK / USA album (LP) / 15 morceaux (Vertical Slum / 2000)
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Ce disque réunit un nombre de pièces rares parues au début des années quatre-vingt sur les 45 tours et maxis de groupes obscurs, à l'époque où le punk en crise d'identité essayait de se réinventer. La majorité des formations sont anglaises et engagées mais assez proches de la démarche esthétique de la no-wave new-yorkaise. La musique se fait politique là où elle s'exprime comme un devoir absolu d'inventivité, de recherche sonore ultime: "Le son lui-même devient critique".Boucles de cassettes, micros et pédales "delay" primitives, enregistrements de l'aéroport d'Heathrow, guitares préparées, effets analogiques...on retrouve tout cela dans dauthentiques morceaux, intelligents mais jamais trop intellectuels, de maximum deux minutes - réminescence du punk oblige. La qualité des morceaux ici réunis est très haute. Cette compilation est vraiment superbe et pousse à reconsidérer la période d'inventivité accrue que semble avoir été le début des années quatre-vingt. Quelques petits labels semblent d'ailleurs se réintéresser à cette musique d'une beauté oubliée, à cette quantité surprenante de groupes éphémères s'étant juré de sapproprier et dexploiter jusqu'au bout, les instruments, le contenu et le format classique de la rocksong. On pense à un groupe comme Y-Pants (trois filles qui font du punk avec les instruments du rock, mais en version jouet) réédité récemment ou les séries de CDRs de 45 tours DIY des années 1978-82 "Messthetics" (underground britannique) ou "Hyped to Death" et "Homework" (underground américain).[1] Le disque offre différentes orientations: tantôt une version plus pure, plus radicale du punk comme Noh Mercy, sa batterie carrée et sa criante Esmeralda ("I don't wanna be political correct") ou I hate sound de The Door + The Window (que rejoindra plus tard Mark Perry d' AlternativeTV), tantôt de l'acoustique déglinguée genre "le meilleur du pire" (Prats), tantôt des constructions minimalistes graves aux rythmiques prenantes, comme E.G. Oblique Graph (pré-Muslimgauze) ou le Let bygones be bygones de Janet And The Johns au texte ravageur ("Too many trips on memory lane") ou le délirant Words de Band T Plus Instruments, tantôt des collages géniaux comme l'ovni Draw des New-yorkais Men / Eject. "La plupart de ces gens ne firent pas carrière dans la musique, certains sont probablement morts, d'autres probablement fous, quelques uns bricolent peut-être encore dans un studio, beaucoup doivent se trouver incommodés par leur zèle créateur passé." Adrien
/ janvier 2002 |